Samedi 12 janvier dernier, Elektro System présentait sa traditionnelle nuit baptisée Déstructuré dans la salle de concert Ninkasi Kao de Lyon. Ce soir là, le label techno Citizen Records de Dijon était à l’honneur puisque 3 de ses poulains étaient invités à jouer en live, à savoir : The Micronauts, Teenage Bad Girl et John Lord Fonda, 3 de mes artistes ou groupes techno préférés du moment.

Contrairement à d’habitude où j’achète mes places longtemps à l’avance quand je vais voir un concert, j’avais appris l’existence de cette soirée 3 jours avant son déroulement. Habitant à 1 h 30 de Lyon et ayant peur de constater que la soirée était complète en arrivant, j’ai hésité longuement avant d’y aller. Et puis finalement, je me suis dit que l’occasion de les revoir tous ensemble ne se représenterait pas de sitôt, je décidais donc de tenter le coup.

En arrivant devant la salle vers 23 h 30, je faisais le même constat que pour le concert de Justice à Clermont-Ferrand : une majorité de jeunes de 18-20 ans lookés façon tecktonik attendait à l’entrée, ce qui me donnait l’impression de me prendre un méchant coup de vieux. Le dernier Tsugi parle d’un éventuel conflit générationnel en matière de goûts musicaux entre jeunes de 20 ans et trentenaires mais je constate que ce conflit générationnel existe déjà dans la tenue vestimentaire.

Heureusement, un peu plus tard dans la soirée, la tendance s’est inversée puisque les trentenaires prenaient leur temps pour arriver alors que les tecktoniks étaient tous là avant l’ouverture des portes.

Quoiqu’il en soit, c’est Divai qui ouvrait la soirée avec un set de techno minimal dont je reparle plus loin puisqu’il a joué 2 fois dans la soirée.

A 1 heure, The Micronauts attaque sa prestation live accompagné de son seul laptop (un Mac, évidemment, comme tous les ordinateurs portables qui traînent sur le pupitre) et joue principalement des morceaux de son dernier album The Damaging Consent et, notamment, The beat avec ses sons acid que l’on entend plus assez à mon goût dans les productions actuelles (même si je ne souhaite pas revenir à la tendance inverse quand on écoutait que ça). Les morceaux de l’album ne sont par contre pas assez remaniés à mon goût mais comme ceux-ci sont déjà taillés pour le dancefloor, on ne va pas faire la fine bouche.

Le live de The Micronauts se termine malheureusement par une fausse note. En effet, la loi anti-tabac venant d’être instaurée dans les boîtes de nuit et salle de concert, le Ninkasi Kao a installé un détecteur de fumée qui lance une alarme et coupe une partie du courant en cas de fumée. Comme des petits malins n’ont pas pu s’empêcher de fumer un joint ou une clope en cachette alors qu’il y avait un coin fumeur à l’extérieur, cela a eu pour effet de déclencher le détecteur de fumée et ainsi, couper le son.

Heureusement, après que les organisateurs aient expliqué les raisons de la coupure, le problème ne s’est plus représenté. Il faut dire que cette coupure a calmé les ardeurs des fumeurs.

Quoiqu’il en soit, un quart d’heure du live de The Micronauts a été tronqué, ce qui a rendu ses fans un peu amer (et Christophe Monnier le premier visiblement).

C’est ensuite Teenage Bad Girl qui enchaîne à 2 h du mat’ alors que tout le monde s’amoncelle devant la scène. Pas de doute, ce sont les stars de la soirée. C’est amusant de constater cela alors qu’il y a à peine un an, ils mixaient dans la petite salle du Printemps de Bourges et que le public ne se précipitait pas pour les voir (même si ceux qui assistaient à leur prestation semblaient l’apprécier). Ca prouve bien que leur album est bon et que le bouche-à-oreille a fonctionné pour eux puisqu’ils n’ont pas bénéficié de la promo intense de Justice qui se situe dans la même mouvance des héritiers de Daft Punk.

Autre constat, les tecktoniks étaient venus surtout pour eux puisque beaucoup d’entre eux sont partis après le live des Teenage Bad Girl. J’ai d’ailleurs regretté de ne pas avoir pu prendre en photo un de ses jeunes qui avaient dessiné les croix de Justice sur ses lunettes noires.

Prendre des photos réussies de ce concert était d’ailleurs difficile tant il y avait du mouvement dans le public. Comme pour le concert de Justice, les tecktoniks ne dansaient pas la tecktonik mais… le pogo ! Sans parler du fait que l’on était constamment arrosé de bière par des gens qui dansaient leur verre à la main !

Mais revenons-en à la musique. Teenage Bad Girl nous proposait un melting-pot jubilatoire de leurs morceaux et remixes (un peu à la manière du Alive 2007 des Daft Punk) dans des version revues et corrigées méchamment efficaces. Parmi les remixes, on pouvait reconnaître un morceau des Scissor Sisters mais il fallait avoir une bonne oreille pour cela tant la version des Teenage Bad Girl n’a rien à voir avec l’originale.

A plusieurs reprises, Teenage Bad Girl faisait des clins d’oeils à Daft Punk. Tout d’abord en chantant Around the world au vocoder sur l’un de leurs morceaux puis en faisant quelques effets sortis tout droit de Rollin’ & Scratchin’.

Seul petit regret, ils n’ont pas joué Fuckin’ Frog, le meilleur morceau de leur album mais cela est loin d’effacer leur prestation remarquable.

Avant de partir, ils lancèrent quelques exemplaires de leur album dans la salle pour les quelques chanceux qui réussirent à les attraper alors que des rabats-joie ingrats lançaient «on s’en fout, on l’a déjà téléchargé». Sans commentaire…

Vers 3 h 15, Divai reprend les platines et continue de jouer au public de la techno minimale qui contraste avec les groupes précédents. Ceci étant dit, c’est d’ailleurs le seul à avoir pris les platines dans la grande salle puisque tous les autres avaient un laptop et des instruments Midi pour nous en mettre plein les oreilles.

Cependant, alors que j’avais prévu de partir à 4 h du mat’ au plus tard, j’apprenais que John Lord Fonda ne passerait pas avant 4 h 30. Je changeais donc mes plans en me disant que je resterai jusqu’à 5 h.

4 h 30 (et même un peu plus), John Lord Fonda arrive. Le début de sa prestation m’enthousiasmait tellement que je décidais finalement de rester quasiment jusqu’à la fin (soit 5 h 30 - 6 h du matin environ). Le concert de John Lord Fonda était un hybride entre live et DJ set puisqu’il jouait ses propres morceaux (en chantant sur certains) mixés avec des bootlegs de son crû. Sa playlist était audacieuse puisque I feel love de Donna Summer croisait My moon my man de Feist remixé par Boys Noize et même The Force du groupe Droïds, un morceau façon compil synthétiseur datant de 1977 (référencé tout de même sur le site Bide et Musique !). Il y a eu un autre morceau excellent dont je ne connais malheureusement pas le nom avant que John Lord Fonda ne revienne à un son de techno pure et dure.

C’est à ce moment là que je décidais de partir alors que j’écoutais des puristes de la techno 4/4 et du vinyle lancer : «Pff, c’est naze, ils ont tous des portables maintenant».

Si certains sont partis blasés, de mon côté, je ne regrette pas du tout d’avoir assisté à cette soirée mémorable et j’espère en revoir encore d’autres comme celle-ci.